L’histoire

De gauche à droite, Mmes Micheyle  JEANNEAU et Magdeleine PISANI, M. Robert DELPLANQUE, Mrs. Selma R. SCHIMMEL et Dr. C.A PLANCHON

« Les membres fondateurs de CHOIX VITAL : Parole et Cancer , 2001 »


Le DocteurClaude Alain PLANCHON CES de Médecine Nucléaire et D.E.U de Cancérologie Clinique The American Hospital of Paris

EX-PRESIDENT – CO-FONDATEUR (2002-2016) Docteur Claude Alain PLANCHON


PRESIDENTE – FONDATRICE : Mrs Selma R. SCHIMMEL Vital Options International (16.09.1954-21.05.2014)


En 2001, suite à sa rencontre avec Mrs SCHIMMEL, Présidente-Fondatrice de la plus importante association de communication sur le cancer aux USA Vital Options International, le Docteur PLANCHON décide d’organiser, depuis l’auditorium de l’hôpital Américain de Paris, une émission de radio en duplex entre Paris, New York et Los Angeles, afin de réunir sur les ondes malades et spécialistes français et américains du cancer du sein et de la prostate. Fort de ce succès, et ayant eu à affronter lui-même la maladie, après avoir été nommé Secrétaire Général de l’association, le Dr PLANCHON crée avec la Présidente-Fondatrice, Mrs Selma SCHIMMEL la branche française de Vital Options International CHOIX VITAL : Parole et Cancer. Cette association a pour vocation de communiquer sur le cancer, à travers des échanges entre malades, et des conférences ciblées sur le cancer.


Membre Fondateur et Trésorier
Robert DELPLANQUE (27 mars 1940 – 10 janvier 2018)

HOMMAGE A BOB
Docteur Claude-Alain Planchon

« Le cancer maux à mots », organe de communication de CHOIX VITAL : Parole & Cancer… Dieu que nous en étions fiers de ce livre ! « Une épopée tabagique »… Tu avais mis tout ton cœur là-dedans. Tu m’avais dit qu’en l’écrivant, tu t’étais senti libéré.
Tu avais écrit en préambule :
« S’il m’est arrivé de me croire immortel, c’était il y a bien longtemps… Quoique … Je comptais alors le temps en secondes et mon capital était énorme. En vieillissant, je demeure spectateur impuissant des jours, des mois et des années qui défilent et filent. Je sais maintenant qu’il y a des choses que je n’aurai ni le temps, ni la force, ni les moyens de réaliser. Seul le passé est porteur de certitudes. Pour les faire partager, l’idée de me raconter a fait son chemin. Les photos souvenirs ne suffisent pas, elles forment un film muet ; il me faut trouver les mots destinés à ceux qui me survivront. »

Aujourd’hui, je mesure à quel point les mots ne nous permettent pas d’exprimer les sentiments complexes qui nous lient, qui m’animent à la perte de mon ami, de mon vieux complice. Toi, mon Bob, mieux que mon camarade, mon frère ! Louis-Ferdinand Céline avait écrit dans « Le voyage au bout de la nuit » : La vie c’est un petit bout de lumière qui finit dans la nuit. Mais moi, comme à l’intérieur de nos groupes de parole, je pensais naïvement te garder à mes côtés justement… Jusqu’au bout de la nuit.

Tu m’as redit dernièrement que j’étais ton gourou. Ça nous avait fait sourire… Un peu de soleil sur la morne plaine du désespoir.

Quelques jours avant de mourir tu m’avais fait part de ta volonté de ne retenir de la vie que le meilleur. Le meilleur de ce que j’ai connu avec toi, c’est notre aventure CHOIX VITAL. Je venais d’être nommé Secrétaire Général de Vital Options International®. Notre regrettée Présidente-Fondatrice Selma Schimmel m’avait demandé de lui trouver pour son émission de radio « The Group Room » diffusée du Palais des Congrès à Paris, je cite : « Un cancer du poumon qui aurait assez de caractère pour impressionner les auditeurs… En Anglais par-dessus le marché ! ». J’en avais parlé à un collègue cancérologue de l’Hôpital Américain qui te suivait. Il m’avait répondu sans hésiter : « J’ai ce qu’il te faut ! ». C’est comme ça que nous nous sommes connus en 2001. Du caractère, on peut dire que tu en avais. Tu avais réussi à faire chialer tout le monde en nous racontant ton cancer! Ça fit le Buzz, comme on dirait maintenant.
Mais tu savais aussi nous faire rire. Toujours assis à ma droite, même si ça faisait parfois des envieuses, tu étais le boute-en-train bienveillant, indispensable au bon déroulement de nos groupes de parole. Comment oublier tes petits yeux malins et ton sourire en coin… Narquois.
En tant que membre-fondateur et trésorier, tu étais de tous les coups. Nos repas de fin d’année, nos soirées de galas avec notre marraine, Nicole Croisille. Tu savais tenir les comptes et tu savais surtout bien nous en rendre compte. Grâce à toi, CHOIX VITAL avait pu être reconnu d’Intérêt Général. Ce n’était pas une mince affaire.

Tu m’appelais affectueusement « CAPAMI ». Lors de nos dernières conversations, tu avais tenu à me dire à quel point tu m’aimais… Que devenir mon ami, était l’une des belles choses qui t’étaient arrivées dans la vie. J’en avais la gorge serrée. C’était malin : on pleurait tous les deux ! Et puis, tu reprenais la parole en premier pour me réconforter. Tu me disais vouloir partir en paix. C’était là un pieux mensonge. Tu ne voulais inquiéter personne, mais je savais qu’au fond de toi-même, tu rechignais à partir. Tu n’avais pas du tout envie de quitter Michèle ton épouse, comme tu la désignais, tes enfants, Laurence et Emmanuelle, et que dire de tes petits-enfants dont tu t’émerveillais tant.

Et puis est survenu le deuxième cancer. Ce deuxième crabe qui surgit chez les survivants, là où on ne l’attend pas. Tu as bien cherché à l’occulter celui-là aussi, comme le premier, mais il était mieux équipé. Tu me disais que ce serait ton dernier.
Repose en paix, mon Bob. Tu as bien travaillé. Tu as mérité ton salaire. Nul doute que là, où tu t’en es allé, le chemin sera pavé de lumière. Je ne t’oublierai pas. Nous ne t’oublierons pas… « Nos cœurs sont le réceptacle des âmes de ceux que nous avons aimés». Je crois bien que c’est de Marguerite Duras… ou de moi, qu’importe puisqu’il s’agit de toi !

Tu as dit « Pas de fleurs ! », alors pour terminer, je voudrais reprendre à mon compte les mots de Nougaro :
Serre-moi la main, camarade.
Je te dis : « Au revoir ».
Je te dis : « A bientôt ».
Bientôt, bientôt,
On pourra se parler, camarade.
Bientôt, bientôt,
On pourra s’embrasser, camarade.
Bientôt, bientôt,
Je t’attends, je t’attends, camarade…